Les coquilles d’huîtres, de moules et de coquilles Saint-Jacques sont souvent jetées sans que l’on y prête vraiment attention. Selon Guscio et Malàkio, rien qu’en France, 250 000 tonnes de coquilles vides sont produites chaque année et finissent dans des incinérateurs ou des décharges. Lorsque ces coquilles sont mises en décharge ou rejetées à la mer sans traitement, elles peuvent altérer la composition des sols locaux, la qualité de l’eau et les écosystèmes marins. On observe d’importantes accumulations de coquilles jetées dans de nombreuses régions côtières à travers le monde, ce qui contribue à des pressions environnementales telles que des odeurs désagréables et une dégradation visuelle due à la décomposition des résidus organiques. Par exemple, dans la baie du Mont-Saint-Michel, les déchets d’huîtres ont provoqué, en 2024, une petite épidémie de norovirus ( Ouest France).

 

Ces dernières années, le développement de l’aquaculture et de la transformation des produits de la mer a entraîné une augmentation du volume des coproduits issus des coquilles. Il en résulte un besoin croissant de développer des approches innovantes et circulaires afin de garantir que ces matériaux ne soient pas simplement traités comme des déchets. De plus en plus d’entreprises explorent des moyens de réutiliser les coquilles dans divers secteurs, notamment l’architecture, la restauration environnementale et les cosmétiques.

 

Nous souhaitons ici mettre en avant des entreprises qui valorisent les coquilles de manière innovante et créative.

Architecture & Mobilier

Ostrea est une entreprise française qui produit des matériaux haute performance et à faible empreinte carbone destinés aux revêtements de sol, aux plans de travail et au mobilier. Son matériau est composé d’environ 55 % de fragments de coquilles broyés et de 45 % de liants minéraux. Il présente une empreinte carbone nettement réduite par rapport à la céramique classique, avec des émissions d’environ 7,5 kg de CO₂ par mètre carré, soit environ cinq fois moins que les alternatives céramiques traditionnelles. Ce matériau ne contient pas de résine et ne nécessite pas de cuisson, ce qui réduit encore davantage la consommation d’énergie lors de sa fabrication.

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Cool Roof développe des solutions destinées à réduire la chaleur urbaine dans les bâtiments grâce à des systèmes de toiture réfléchissants. Leurs revêtements permettent de faire baisser les températures intérieures jusqu’à 8 °C en réfléchissant le rayonnement solaire. L’une de leurs couches de revêtement intègre des matériaux d’origine biologique, notamment de la poudre de coquilles d’huîtres recyclées, ce qui contribue à améliorer les performances thermiques et la durabilité.

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Guisco fabrique des revêtements de sol, des plans de travail et des meubles inspirés des matériaux marins. Ses produits contiennent entre 50 et 60 % de coquillages broyés, associés à une matrice minérale. Contrairement à la céramique traditionnelle, ces matériaux ne nécessitent pas de cuisson, ce qui permet de réduire leur empreinte carbone. L’entreprise s’approvisionne en déchets de coquillages auprès d’usines de transformation de fruits de mer situées à Boulogne-sur-Mer, en France.

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Malàkio conçoit des objets décoratifs et fonctionnels à partir de coquillages recyclés et de liants minéraux. Ses matériaux proviennent principalement de déchets de coquillages d’origine locale, notamment de la région nantaise. Le processus de production repose sur un séchage à l’air libre plutôt que sur des méthodes de fabrication gourmandes en énergie, ce qui s’inscrit dans son objectif à long terme de mettre en place des pratiques de conception neutres sur le plan climatique.

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Restauration des récifs d'huîtres

Oyster Heaven est une entreprise néerlandaise qui se consacre à la restauration des écosystèmes de récifs d’huîtres dégradés, en particulier en mer du Nord, où les récifs naturels ont en grande partie disparu. Son approche consiste notamment à mettre au point des structures de récifs artificiels, appelées « Mother Reefs », qui servent de base à la régénération naturelle de l’écosystème. L’entreprise travaille en étroite collaboration avec les communautés de pêcheurs locales pour mettre en place et surveiller les sites de restauration.

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La société Oyster Restoration Company se consacre à la restauration des populations d’huîtres indigènes à travers l’Europe. L’organisation élève des huîtres exemptes de maladies et les relâche à l’aide de diverses structures de création de récifs, notamment des cages modulaires, des fondations rocheuses et des systèmes de filets biodégradables. Ces méthodes favorisent la création d’habitats et la restauration de la biodiversité.

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Différents types d'entreprises

Shellmet est une entreprise japonaise qui récupère les coquilles de Saint-Jacques pour les transformer en casques. De plus, l’utilisation de bioplastiques fabriqués à partir de coquilles de Saint-Jacques comme matière première permet de réduire les émissions de CO₂ de 36 %, ce qui rend le casque plus respectueux de l’environnement.

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Pluriel Coquillage est une entreprise occitane qui transforme les coquilles d’huîtres en produits naturels destinés à l’agriculture, au jardinage, à l’alimentation animale et à la filtration de l’eau. Ses produits sont largement utilisés tant dans le cadre professionnel que domestique.

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ChitoCare Beauty est une entreprise islandaise qui développe des produits de soins de la peau fondés sur la recherche scientifique et les études cliniques en dermatologie. Elle se spécialise dans les soins destinés aux peaux stressées, fragilisées par des traitements et déshydratées. ChitoCare intègre du chitosane, issu de sources marines, dans ses produits de soins de la peau. Ses formulations sont utilisées dans des domaines liés aux soins de la peau, au traitement des plaies et au bien-être esthétique.

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À mesure que l’aquaculture se développe à l’échelle mondiale, la nécessité de trouver de nouvelles façons de réutiliser ces coquillages deviendra de plus en plus importante. Des matériaux autrefois jetés sont aujourd’hui repensés comme des composants précieux pour le design, les infrastructures, la restauration environnementale et les produits de consommation partout dans le monde. En fin de compte, la recherche de nouvelles façons de réutiliser ces coquillages met en évidence la manière dont le secteur peut transformer des ressources fonctionnelles et à forte valeur ajoutée, tout en contribuant à la fois à la restauration écologique et aux innovations matérielles dans de multiples secteurs.