100% POISSON
Multiplication par 30 en 30 ans
Les avancées technologiques dans la pêche commerciale ont permis des améliorations considérables du rendement des produits. Par exemple, les producteurs islandais de filets de cabillaud ont vu leur rendement en filets augmenter jusqu’à 20 % au cours des deux dernières décennies. Cependant, le filet ne représente que 35 % à 45 % du poids total du cabillaud. Le reste est constitué de la tête, des arêtes, de la peau et des viscères. Face à une réglementation stricte en matière de gestion des pêches, le secteur islandais a été contraint d’innover et de développer des solutions rentables pour valoriser ces coproduits. Depuis les années 1990, la valorisation des sous-produits de la pêche a été multipliée par 30, la valeur à l’exportation par kilo de cabillaud a été multipliée par 4 et la gamme de produits marins s’est considérablement élargie. Aujourd’hui, les producteurs islandais de cabillaud utilisent généralement jusqu’à 90 % de leur matière première.
L’un des principaux défis du projet 100 % Fish consiste à démontrer aux entreprises du secteur des produits de la mer l’intérêt stratégique de la coopération. Cela passe par la construction de relations de confiance et par la démonstration que la collaboration peut ouvrir de nouvelles perspectives pour les entreprises et les régions côtières. Le projet 100 % Fish aide les entreprises à établir des liens précieux avec le monde académique, les start-ups, les acteurs de la recherche et du développement, entre autres. Le Ocean Cluster Network, réseau mondial de clusters maritimes créé par Iceland Ocean Cluster, constitue un outil clé pour partager connaissances et bonnes pratiques en matière de valorisation intégrale des ressources marines à l’échelle internationale.
La moitié du poisson est gaspillée
Selon nos recherches, le taux moyen d’utilisation de la matière première pour le cabillaud en Europe et en Amérique du Nord est légèrement supérieur à 50 %. Autrement dit, environ la moitié du poids de chaque poisson est perdue au cours du processus de production. Le potentiel de partage des connaissances et des expériences en matière de valorisation intégrale des produits de la mer est donc considérable. En améliorant cette utilisation, l’offre mondiale de protéines — ainsi que la rentabilité des pêcheries — pourrait augmenter de manière significative. En Islande, l’industrie a déjà atteint un taux d’utilisation d’environ 80 % pour les poissons blancs.
Dans l’économie islandaise, des produits innovants dans les domaines de la santé, de la pharmacie et même de la mode sont désormais développés à partir des stocks de poissons sauvages (poissons de fond, homard, etc.). C’est là que réside notre opportunité : les Islandais mobilisent leur créativité pour générer davantage de valeur à partir de chaque poisson. Les résultats sont déjà visibles : nous tirons au moins 30 % de valeur supplémentaire de chaque cabillaud par rapport à la plupart des pays développés. Le poisson ne se limite pas au filet : les arêtes deviennent des produits de santé, le foie est transformé en oméga et en produits pharmaceutiques, la tête et les os sont valorisés — en somme, presque rien ne finit à la poubelle.